Chapitre un : Sans sang, cent sens
Je me suis dirigée vers le couloir, il faisait froid, il fallait que je fasse une halte, lorsque je me suis décidée de m'asseoir, la lumière avait commencé à
clignoté et à fini par couper net, le noir total, je me suis étalée sur la dame de pique. Elle paraissait si faible cette femme au visage pâle. Mais en fait c'était une impression, elle était folle
et dotée d'une incroyable méchanceté. J'avais essayé d'établir un dialogue avec cette dernière, mais il n'y avait pas moyen. J'en ai fini par pleurer parce qu'elle m'a touché en plein cœur...
Finalement, je pris l'initiative de repartir. Le courant n'était toujours pas rétabli, mais ce n'était pas grave, je m'éclairais grâce à la timide lumière de l'écran de mon téléphone portable, le
seul problème c'est qu'il n'y a pas de réseau ici. C'est un endroit perdu, je suis perdue. Ça doit bien faire trois heures que je marche, c'est long, j'ai faim, j'ai froid, mes amis me manquent et
je suis fatiguée, je suis à bout de souffle, à bout d'énergie. Comment me sortir d'ici ou vais-je y laisser ma vie ? J'entends quelqu'un crier, je tourne ma tête à droite, à gauche, en bas, en haut
... Et rien, personne, pas un chat, je dois sûrement avoir des hallucinations. Le froid engourdi mes mains, je pousse un souffle pour réchauffer, ça brûle, ça picote, j'ai mal partout, mais
j'arrête de me plaindre, il faut à tout prix sortir d'ici. J'ai senti mes pieds se mouiller, c'est ainsi que j'ai dirigé la petite lumière vers le sol, un liquide fût bel et bien présent, cette
fois ce n'était pas une idée. C'était encore plus froid que la température de mon corps, je serai curieuse à combien ça en est à l'heure qu'il est ... Je suis certainement en hypothermie et puis
j'aurai même pas aimé parler de ma tension, j'en peux plus. Il n'y a vraiment pas d'issue. Il est minuit, faut que je me repose, il faut que je trouve un endroit plus ou moins propice. Je faisais
tourner mon téléphone tout autour de moi, j'ai pu voir une porte, je tente de l'ouvrir mais elle est verrouillée, pourtant, là, il y avait de la clarté. Je suis totalement démoralisée, pourquoi
avoir une porte en face de moi alors que je sais pas y avoir accès ? Ça y est je m'effondre, je sanglote, je suis vraiment à bout de force. Mais qu'est ce qu'il m'est passé par la tête, pourquoi
ai-je été promettre une chose qui m'était impossible à réaliser, en tout les cas, il est beau le résultat, me voici bloquée ici et je ne sais pas comment en sortir. C'est à ce moment précis,
en pleine réflexion avec moi-même, que j'aperçois tout autre chose, comme des paillettes au sol, c'était tellement brillant que je n'avais pas besoin d'éclairer, c'est indescriptible mais très bien
visible. Je m'approche de cette chose, la lumière est aveuglante, mais je me force à regarder de plus près. Soudain, ça se met à bouger, comme si ce truc sans nom me montrait par où aller pour
sortir de ce tunnel lugubre. J'ai donc décidé de le suivre, on ne sait jamais où cela peut mener, puis de toute manière, au point où j'en suis, ça peut pas être pire. Après une grosse heure de
marche avec la chose, je me trouve face à une porte, de nouveau. Mais cette fois, elle est déverrouillée, donc j'entre. Enfin ! De la lumière, ça fait du bien, vraiment. J'ai l'impression que ça
faisait deux ans que je vivais dans le noir complet. À peine entrée dans cette pièce, quelqu'un m'attrape par le bras, je le supplie de me laisser, de m'épargner. Il ne me lâche pas, c'est à ce
moment que je vois une table, elle était remplie de poulet, de pommes de terre, de porc, à manger quoi ! Mon dieu qu'est ce que je suis affamée. Le monsieur m'assied sur une chaise, me donne une
assiette, elle était remplie au maximum, sans faire de manière, j'ai tout de suite commencé à manger, c'était un besoin vital, j'en pouvais vraiment plus. Après avoir mangé tout avait disparu. Mais
c'est pas possible, on veut me faire devenir folle ici ! Enfin, la lumière allait, j'avais le ventre rempli et il ne faisait plus glacé, je me suis couchée à terre et j'ai dormi un peu avant de
reprendre la route.